Ligament croisé postérieur
SYNTHESE RUPTURE LIGAMENT CROISE POSTERIEUR (LCP) + 2 ANS
date mise à jour : 24/09/2010 ...complété par article "des nouvelles"
Entorse du genou droit en 02/2008 :
Croisement des skis dans un virage lors du transfert de poids d'une jambe sur l'autre, chute debout pieds bloqués au sol, sensation d'être écartelé, envie de vomir, absence de craquement, glaçage immédiat (neige).
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Diagnostic : entorse LLI et LCP sur le genou droit
Traitement : attelle longue pendant 6 semaines, puis 4 semaines avec une attelle articulée + 15 séances de kiné (en M+2, M+3)
La consultation médicale après l'accident :
M+0 (mois) : médecin de montagne, radiographie, diagnostic ciblé (entorse LLI avec suspicion atteinte grave du LCP) ;
Le premier IRM réalisé dans les jours qui ont suivi l’accident indique une laxité postérieure de 9 mm, "rupture partielle vraisemblablement complète du LCP???" ; démarrage de la convalescence dans l'incertitude sur le niveau de rupture du LCP ;
M+1 : consultation d'un chirurgien orthopédiste, proposition réparation du LCP en utilisant un ligament synthétique + renforcement du LLI ; lors du retrait de l’attelle longue, impossibilité totale de plier la jambe ; la fonte musculaire est impressionnante ; la première mobilisation et le « testing » du genou sont organisés sous anesthésie générale, orientation vers la rééducation fonctionnelle.
De M+2 à M+19
La récupération de la flexion est régulière dans un premier temps.
Les progrès ultérieurs sont beaucoup plus irréguliers et imprévisibles. Dès que je ralentis la rééducation journalière, je ...régresse.
A partir de M+5, je commence à trotter doucement, péniblement, je ne sais plus courir, je dois réapprendre. Les muscles de la jambe ne reviennent pas. J'ai abandonné tous les sports. Mon genou bouge, avec en prime un « ressaut » de rotule.
En M+6, je marche avec une canne, je descends les escaliers en me tenant au mur ; la rééducation est insuffisante. J'intensifie ma rééducation de façon raisonnable en écoutant mes sensations et avec la peur que mon genou lâche.
Chaque semaine, j'invente de nouveaux exercices, et élimine ceux qui paraissent inadaptés.
Chaque mois écoulé apporte un petit « plus » en termes de rééducation jusqu’au 18 ou 19ème mois.
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M+19
Je marche, fait un peu de vélo. J'ai l'impression de ne plus progresser. Impossible d'oublier mon genou, chaque pas que j'effectue constitue un incessant rappel à l'ordre d'un genou blessé, infirme et différent. Je repense au résultat du premier IRM "rupture partielle vraisemblablement complète du LCP???" , cette expression signifie rupture physique et/ou fonctionnelle.
Si je continue ainsi, je vais m'user les cartilages. Je pense à me faire opérer.
Nouvelle radiographie et second IRM.
L'arthrose ne s'est pas installée, le signal du LCP est revenu.
Consultation d'un second chirurgien : le LLI semble dans l’apparence s'être rétabli de façon à peu près satisfaisante, la laxité latérale n'est pas excessive; le LCP a cicatrisé mais a perdu une partie de sa fonctionnalité (visco-élasticité, proprioception) . La lésion du LCP est assimilée à une lésion "isolée", proposition de reconstruction à un faisceau à l'aide d'une greffe prélevé sur les "ischios-jambiers". Le processus complet de reconstruction du LCP via la greffe s'échelonne sur deux à trois années. Au final, l'incertitude concernant le risque d'arthrose ne sera pas levée, le jogging restera déconseillé voire interdit , ainsi que les sports "pivot". Le recul médical actuel ne permet pas d'affirmer le bienfait d'une opération, en termes de réduction de mon incapacité ou d'augmentation de ma capacité actuelle.
M+24, soit deux ans plus tard :
J'ai pour l'instant repoussé la décision de l'opération. Je continue sur la voie de la rééducation fonctionnelle qui est devenu de l'entretien. Je suis debout, c'est déjà beaucoup. La laxité postérieure est installée (de l'ordre de 9 mm), elle est désormais qualifiée de « chronique ». Les fonctions d'amortisseur, d'extenseur et d’endurance du genou sont dégradées. L'appareil musculaire est déséquilibré (insuffisance musculaire, notamment du quadriceps) et génère suivant les jours des maux de cheville, de genou ou de hanche (cartilage et sciatique).
Je parviens à alléger la cheville en réhaussant les semelles dans les chaussures. J'estime le déséquilibre entre le côté gauche et droit de l'ordre de 40 à 50%. La capacité est entamée, et la capacité conditionne certains jours l'envie.
Point positif depuis le second IRM, j'ai acquis une confiance prudente dans mon ligament cicatrisé, déficient fonctionnellement mais présent.
Je ne pratique plus les sports d'avant l'accident. Mes activités "sportives" d'hier ont été remplacées par des activités d'entretien : vélo, marche nordique (avec bâtons), exercices sur planche inclinée à roulettes, "trotting" léger (exceptionnel) sur parcours naturel, "tapis de marche ", gym, assouplissement.
Une question reste sans réponse; l'écartèlement auquel j'ai été soumis a-t-il détérioré irrémédiablement d'autres fibres, notamment au niveau des tendons et des muscles ?
M + 25 :
Je m’oriente vers une nouvelle dynamique de rééducation, l’aviron...A bientôt.
M+27 :
L'aviron combiné à une pratique quotidiennne d'exercices de rééducation semble un bon déclencheur de progrès.
J'ai la sensation visuelle de redessiner petit à petit le quadriceps, et notamment le vaste interne,... c'est long, très très long.
Les fonctions "d'amorti et d'extension" ne s'améliorent pas, bien que l'équilibre général des deux jambes paraisse peut-être très légèrement meilleur.
26/05/2010 : sensation extrêmement fugace de pouvoir "pousser" légèrement plus fort sur la jambe droite en montant l'escalier...rêve ou réalité? Pouvoir ou volonté, psychique ou physique ?
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24/09/2010 ( M+31) : Je ne vous oublie pas et reviens vous donner de mes nouvelles...je poursuis la pratique de l'aviron, dans une nouvelle optique de rééducation. L'aviron est un sport technique, de concentration ,de glisse...
Lorsque mon accident est survenu, je pensais que jamais plus...et puis il y a quelques mois je me suis mis à rêver d'un raid insensé, sans doute inaccessible...faire le tour d'une île sur la côte atlantique...46 km au programme...plus j'y pensais, moins j'y croyais, et plus j'espérais que ce serait réalisable... cette île, j'en ai fait déjà deux fois le tour en 2003 (sens horaire) et 2005 (anti-horaire) sur un kayak de loisir de 16 kg....qu'en sera-t-il après une entorse du genou, seul, dans une yole de soixante kilos...contre les vents et les marées ?....La solution était de ne rien laisser au hasard, afin de maîtriser le plus de paramètres possible. Lorsque l'on ne peut plus emprunter une voie, il faut en emprunter une autre...il me fallait adapter l'épreuve à mon handicap, en ayant soin plus que jamais que la tête maîtrise le physique en toute circonstance.
J'ai donc tout choisi...le coefficient de marée...les courants, la météo, le sens du vent ...j'ai attendu patiemment le bon jour...et ce raid, je l'ai réalisé le 22 août 2010,... j'ai ramé pauses comprises, pendant 10 heures...dix heures de fatigue,...10 heures d'ampoules...dix heures de victoire sur moi-même...qui me conforte aujourd'hui dans l'idée de continuer jour après jour, même si l'on vous dit qu'au delà de dix huit mois il n'y a plus rien à faire...il faut persévérer encore et encore...
La littérature médicale distingue souvent deux phases "aïgue" puis "chronique" au-delà de 18 mois ; il semble d'après certaines études que le genou puisse "tolérer" pendant une quinzaine d'années une activité physique raisonnable et adaptée. Au-delà, c'est l'inconnu, qu'il convient de préparer au mieux, en évitant notamment l'apparition de soucis de santé complémentaires et aggravants.
Dans l'immédiat, l'expérience me permet d'affirmer que des améliorations sont perceptibles bien au-delà de la phase aïgue.
Mon genou est abîmé, les appuis de l'articulation paraissent irrémédiablement modifiés.
Pourtant, chaque jour je cherche à retrouver des bribes de sensations nouvelles : un signal si fugace soit-il, une impression, tout est bon à prendre.
J’ai rédigé également un second article que je vous laisse découvrir :
« Pratiquer une activité physique après une rupture de LCP non opérée »
Puisse ce témoignage vous aider dans votre progression, ne vous arrêtez pas, continuez, persévérez chaque jour, parce que demain le progrès sera au rendez-vous. Ecrivez-moi si vous le souhaitez. Bien cordialement, JF